À l’occasion de la sortie en DVD et Blu-ray de sept films de Jacques Perconte aux éditions Re:Voir et du dossier que nous lui consacrons, nous nous sommes entretenus avec le vidéaste dans ses bureaux de l’ENS-Louis Lumière, où il accompagne désormais les étudiants de troisième année. Consacrée à la technique de la compression et au travail théorique qui l’accompagne, voici la suite de notre entretien débuté ici avec l’évocation des films présents sur le DVD Corps et le Blu-ray Paysages.
Dans cet entretien, Jacques Perconte explique comment la compression numérique est devenue le cœur de sa pratique. Il distingue les compressions avec perte et sans perte, puis décrit son intérêt pour les structures des images et les transformations qui apparaissent lorsqu’elles sont lues et diffusées. Il ne cherche pas à appliquer un effet préconçu : il expérimente les outils, combine différentes compressions et laisse les images ouvrir des pistes imprévues.
Cette recherche demande du temps. Certains films mûrissent pendant plusieurs années ; Perconte préfère essayer, choisir, parfois tout effacer et recommencer. Il décrit son travail comme une cuisine sans recette : la forme se construit à partir des images, de ses intuitions techniques et de la durée nécessaire pour les éprouver. « La compression n’est, dans mes films, jamais au service d’autre chose » : elle constitue leur matière et leur enjeu.
L’entretien distingue aussi le film, qui possède un début et une fin, de la pièce générative, dont le montage se construit en boucle et varie dans le temps. Il aborde l’évolution des outils employés — ralentis, compositing, superpositions — et la manière dont la pratique nourrit la réflexion théorique, notamment à travers les échanges avec des chercheurs et d’autres collaborateurs.
Enfin, Perconte prend ses distances avec la culture du glitch lorsqu’elle consiste à produire des erreurs de surface ou des effets automatisés. Il défend une expérimentation approfondie des outils numériques et appelle à sortir des méthodes toutes faites : « on manque de lâcher prise ».