À l’occasion de la sortie en DVD et Blu-ray de sept films de Jacques Perconte aux éditions Re:Voir et du dossier que nous consacrons à son oeuvre, nous nous sommes entretenus avec le vidéaste dans ses bureaux de l’ENS-Louis Lumière, où il accompagne désormais les étudiants de troisième année.
L’entretien suit le déplacement de Jacques Perconte, de l’image du corps vers le paysage, tout en montrant la continuité de sa recherche. Les trois films du DVD Corps en dessinent les étapes : snsz travaille les corps dans une lumière saturée et les fait presque fusionner ; isz transforme des pétales de rose scannés en un espace abstrait ; uaoen, premier film de paysage, mène une image filmée depuis un véhicule vers sa dissolution par la compression. Le parcours va ainsi de l’image du corps au « corps de l’image ».
Le texte revient ensuite sur des films où le déplacement devient une manière de découvrir les lieux. Dans uishet, la caméra suit le courant d’une rivière ; dans Après le feu, elle filme depuis un train en Corse ; Chuva naît de l’observation d’une pluie à Madère. Perconte explique souvent découvrir le film après le tournage, au montage. La captation reste pourtant décisive : tenir la caméra, éprouver la durée et ressentir physiquement un lieu nourrissent le travail de compression.
Avec Impressions, le paysage devient aussi le lieu d’une réflexion personnelle sur le temps, la mémoire picturale et la place de l’être humain dans le monde. L’article souligne que les images ne se réduisent ni à une démonstration technique ni à un effet visuel : leur sens se construit dans la rencontre entre un lieu filmé, une expérience et les transformations de l’image. Comme le dit Perconte, « notre rapport à l’image doit être mental ».